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Stratégies

Vers le niveau supérieur

Dans le but de conserver la forêt dans son dynamisme naturel et d'assurer la durabilité de ses fonctions, il importe de combiner les activités et pratiques forestières et de diriger l'ensemble des actions dans le sens voulu.

Cheval

Instruments législatifs
Les dispositions légales sur la forêt, résultant de plusieurs siècles et de régimes politiques différents, doivent être rassemblées, harmonisées et actualisées dans une nouvelle loi forestière moderne, qui tient compte des exigences, tant du propriétaire forestier que de la population, tout en assurant un développement durable de la forêt.

Formation et perfectionnement
La mise en oeuvre de la nouvelle politique forestière n'est assurée qu'à condition de disposer d'un personnel d'exécution et de contrôle averti et bien motivé. Il faut lui donner la possibilité d'acquérir une formation professionnelle assurée et étoffée, de se perfectionner, de bénéficier d'une formation continue et d'évoluer dans des conditions de travail normales. Ceci vaut pour tous les échelons, y compris les ouvriers forestiers.

"If you think education expensive, try ignorance." (Philosophy of the Harvard University)

L'informatisation des activités de l'administration des Eaux et Forêts doit être poursuivie. Afin de venir à bout d'un volume de travail toujours croissant et dans le but d'améliorer les outils de planification, d'exécution et de contrôle, l'administration est bien conseillée d'évoluer dans de nouveaux systèmes d'information et de mettre au point des applications nouvelles permettant de mieux répondre aux besoins des utilisateurs et de disposer d'informations plus complètes et de manière plus rapide que dans le passé. De même, il faut soigner les contacts avec les collègues étrangers, les stations de recherche, les universités et les organisations gouvernementales et non gouvernementales.

Vulgarisation et information du public
L'Etat doit intensifier et institutionnaliser la vulgarisation des notions forestières à l'intention des propriétaires de forêts privées.

L'information du public doit être intensifiée moyennant l'instruction à l'école, le lancement de campagnes d'information, la rédaction de communiqués de presse, l'organisation d'expositions, la mise à disposition de dépliants, l'apposition judicieuse de panneaux de mise en garde ou d'interdiction. La population doit être informée objectivement sur l'état et la problématique de la forêt et de ses fonctions multiples, et les utilisateurs doivent être amenés à se rendre compte de leurs actes et des relations existant entre ces actes et les dégâts causés en forêt.

Pas de diminution de l'aire forestière
Il n'y a pas lieu d'assouplir les dispositions légales en matière de défrichement, de changement d'affectation de fonds forestiers, de coupes excessives, de reboisement et de boisement de compensation.

Il faut exiger à l'avenir que les boisements de compensation se fassent avec davantage de soin, afin d'éviter que des habitats naturels précieux soient détruits et des lisières anéanties par ces boisements. Il faut surtout éviter qu'ils se fassent aux dépens de surfaces-tampons écologiquement précieuses (p. ex. mosaïques de prairies maigres, de haies et de buissons).

" ... et qu'elles (les forêts) ne causent pas de préjudice à d'autres écosystèmes; " (Helsinki, Résolution H1).

D'autre part, il faut examiner, si la compensation ne pourrait pas être réalisée au travers d'une définition plus large du terme "boisement" (p. ex. aménagement de clairières en forêt, plantation de haies et de bosquets dans les champs, reconstitution de galleries alluviales, revitalisation de gravières et de prés, aménagement d'étangs).

Encouragement du boisement à neuf
Le boisement à neuf doit être encouragé par l'Etat. Il contribue non seulement à augmenter la surface boisée, mais également à réduire la concentration du gaz carbonique de l'air et par là l'effet de serre. Il faut toutefois éviter un boisement chaotique dans le paysage ainsi que l'occupation, voire l'anéantissement des habitats naturels précieux, visés ci-dessus. De même, il faut éviter de concentrer les boisements à neuf dans les régions disposant déjà d'un taux de boisement élevé.

Promotion de la forêt par l'Etat

S'il est contre-indiqué d'emprunter le chemin que l'agriculture à suivi en matière de subventionnement, il importe que l'Etat poursuive et développe sa politique d'aide au développement des structures forestières. Ces subventions ne doivent pourtant pas être allouées sans discernement, mais elles sont à mettre en oeuvre de manière à favoriser la conservation de la forêt dans son ensemble et dans le but de propager une sylviculture proche de la nature.

La situation financière de la propriété boisée peut en outre être allégée par des mesures, telles que

  • l'abaissement des charges fiscales (p.ex. sur le plan de l'impôt foncier),
  • la compensation des frais de notaire en cas d'échange ou d'acquisition de parcelles boisées,
  • la réduction du taux de remboursement des frais de gestion et de surveillance,
  • le renforcement de l'information, de la formation et de l'assistance technique,
  • le regroupement des propriétaires de forêt en unités de gestion viables.

En plus, il y a lieu de rechercher de nouveaux débouchés surtout pour les bois de petites dimensions qui à l'heure actuelle sont utilisés principalement dans le secteur de la papeterie et du carton.

Un secteur intéressant serait sans doute la valorisation énergétique du bois, tout en sachant que ce secteur était à l'origine du ruine de nos forêts, il y a plus d'un siècle, alors que le bois constituait la seule source d'énergie à faire fonctionner nos aciéries.

Planification forestière

  • La planification forestière connaît trois niveaux différents:
  • la politique forestière, en tant que planification à long terme;
  • l'aménagement forestier, en tant que planification à moyen terme;
  • le plan de gestion annuel, en tant que planification à court terme.

L'aménagement forestier constitue, au niveau de chaque propriété forestière, l'outil qui permet de mettre en oeuvre la politique forestière. Il fixe les priorités à observer pour l'ensemble de la propriété, assure une bonne continuité dans la gestion et vise une certaine cohérence dans le traitement des forêts sur le plan national. Il sert de base à l'établissement du plan de gestion annuel.

L'aménagement forestier doit davantage tenir compte des différentes fonctions que la forêt est appelée à assurer. A cet effet, la planification des fonctions forestières est un tout nouvel instrument qui permet de tenir compte de tous les intérêts et exigences envers la forêt et de fixer en conséquence les priorités de la gestion. Elle fait fonction de charnière entre la planification forestière traditionnelle et les autres planifications du territoire.

Toute forêt soumise au régime forestier doit être dotée d'un plan d'aménagement basé sur les règles de la possibilité et du rapport soutenu. En forêt privée, notamment dans les petites propriétés, il suffit d'établir des plans simples de gestion.

L'établissement de plans d'aménagement forestier et de plans simples de gestion doit continuer à être encouragé par l'Etat.

Inventaire forestier
Pour bien gérer une forêt, il faut d'abord bien la connaître. Dans cette optique, l'inventaire forestier est un instrument indispensable. On fait la distinction entre l'inventaire d'une forêt, p. ex. au moment de son aménagement, et l'inventaire forestier national.

L'inventaire d'une forêt réalisé dans le cadre d'un plan d'aménagement forestier, constitue en fait une analyse descriptive des peuplements d'une même propriété forestière. Il a pour but de fournir les mesures dendrométriques requises ainsi que les autres informations permettant de prendre des décisions sur le traitement d'une forêt spécifique ainsi que de suivre son évolution.

En somme, l'addition de tous ces inventaires individuels devrait nous fournir l'inventaire de la forêt luxembourgeoise tout entière. Cependant ces données dans leur ensemble ne sont pas fiables du fait qu'elles sont recensées moyennant des méthodes différentes et à des époques différentes, de sorte qu'elles risquent de se confondre. Elles ne peuvent pas remplacer un inventaire national.

L'inventaire forestier national est une levée, basée sur une méthodologie statistique permettant d'obtenir des chiffres statistiques sur l'état des forêts au niveau national. Ces chiffres sont indispensables pour asseoir la politique forestière sur une connaissance aussi complète que possible du patrimoine forestier, que ce soit au niveau national, communautaire ou des Nations Unies. L'inventaire forestier constitue en outre un instrument indispensable comme base de décision dans la gestion des forêts et dans l'utilisation optimale des fonds publics en matière de subventions.

Cependant aucun inventaire forestier national n'a été réalisé au Grand-Duché jusqu'à ce jour. Vu son importance sur le plan des décisions, il doit être exécuté dans un proche avenir.

Option pour une sylviculture proche de la nature
Une attention accrue doit être portée aux processus dynamiques de la forêt. Ainsi il y a lieu d'orienter notre sylviculture dans une plus large mesure aux lois de la nature, c'est-à-dire :

  • préférer la régénération naturelle à la plantation,
  • appliquer la méthode de régénération par groupes (Femelschlag); des périodes éten- dues de régénération permettent de créer une structure d'âge hétérogène et une diver- sité génétique, les semences de plusieurs années pouvant participer à la reproduction,
  • proscrire la transformation de forêts encore proches de la nature en plantations rési- neuses,
  • introduire, après une coupe d'abri, des essences d'ombre dans les peuplements (rési- neux) ne se régénérant pas naturellement (Voranbau unter Schirm),
  • créer des peuplements d'essences mixtes, non réguliers; éviter les monocultures,
  • porter son choix sur les essences indigènes ou bien acclimatées, avec une nette préfé- rence pour les feuillus; maintenir en mélange des espèces secondaires,
  • installer impérativement les essences très sensibles au stress hydrique (épicéa, chêne pédonculé, hêtre, frêne, ...) dans l'optimum de leur station écologique,
  • fixer comme objectif économique la production de bois de qualité,
  • adopter de longues périodes de production,
  • n'appliquer pas de coupes à blanc dans les peuplements feuillus; limiter les coupes à blanc dans les résineux à moins de deux hectares d'un seul tenant,
  • procéder à des éclaircies précoces et fortes, surtout en présence de hautes densités ini- tiales, pour accroître la vigueur et la stabilité des peuplements et limiter la compétition pour l'eau et le stock minéral,
  • ériger dans les surfaces de régénération des clôtures de contrôle, en vue de visualiser l'impact du gibier,
  • accorder des soins intensifs aux peuplements afin de favoriser leur diversité, surtout au stade des travaux de nettoiement (Läuterung). Au stade des travaux de dégagement (Reinigung), il ne faut enlever la flore adventice que pour autant que ce soit indispen- sable à la conservation et la bonne croissance des plants forestiers. En fait, elle peut constituer un abri utile aux jeunes peuplements et fournir un viandis varié au gibier.
  • protéger " in situ " quelques zones de grande diversité naturelle, étant donné que la conservation "ex situ" dépasse nos capacités scientifiques, techniques et budgétaires. Ainsi, il importe de déterminer des peuplements forestiers ayant donné la preuve de leur valeur, en vue d'assurer l'approvisionnement, de source propre, en matériel fores- tier de reproduction.

Par ailleurs, il y a lieu de respecter les principes développés dans la directive du 23 avril 1991 concernant le reboisement de surfaces tombées en chablis.

Choix des essences, une question fondamentale
Le choix des essences est un élément essentiel de la politique forestière. Compte tenu de nos conditions climatiques, qui situent le Grand-Duché dans la zone tempérée de la forêt feuillue, l'accent doit nécessairement porter sur les essences feuillues autochtones. Ceci n'exclut toutefois pas l'utilisation des essences feuillues et résineuses introduites qui sont de station, du point de vue climat et sol. L'application d'essences non-indigènes contribue à majorer la palette de nos essences forestières, mais elle ne doit pas changer complètement le caractère de nos paysages qui sont un élément essentiel de notre patrimoine. Aussi faut-il que la part totale des résineux ne soit pas portée au-delà du tiers actuel. Le relief marqué et les conditions géologiques et climatiques très variées de nos régions nous mettent en mesure de constituer une grande diversité de peuplements forestiers sur un espace relativement restreint.

Là où les forêts sont bien adaptées à la station, le renouvellement de la forêt doit s'effectuer par régénération naturelle, quitte à la compléter par des plantations judicieuses.

Pour toutes les plantations, seules les bonnes provenances adaptées à la station donnée sont acceptées. De toute évidence, sont préférées les origines et provenances indigènes.

La régénération naturelle et les provenances utilisées lors des plantations sont documentées dans la " chronique forestière ".

Renonciation à une exploitation de la totalité de la surface forestière
L'option de ne pas exploiter la forêt sur la totalité de la surface doit être envisagée d'une manière plus consciente que jusqu'ici. Cela implique de délimiter les forêts ou parties de forêts qui ne doivent pas être exploitées au sens habituel du terme. Dans le cadre de l'aménagement forestier, elles peuvent utilement être classées dans le quartier " hors cadre "

Les mesures à prendre en vue de conserver en forêt des biotopes spéciaux de plantes et d'animaux protégés s'orientent aux exigences de ces organismes. S'il est indiqué, dans la plupart des cas, de ne rien faire, c.-à-d. d'accepter l'évolution naturelle, du moins pour un certain temps, il peut être indispensable d'intervenir dans des cas précis pour assurer la régénération du peuplement naturel environnant, éliminer les essences étrangères et doser les conditions d'insolation selon les besoins des végétaux et animaux à protéger.

Aux termes de la déclaration d'intention générale du 24 avril 1981, "certains bois ou parties de forêts peuvent être déclarés réserves naturelles du fait de leur beauté exceptionnelle, de leur spécificité, de leur diversité ou de la rareté du type de végétation. Ces éléments seront dotés d'un statut de protection particulier quant à leur entretien et exploitation."

Il importe de conserver la composition naturelle en essences de ces réserves par régénération naturelle et, à défaut, par plantation moyennant de plants issus de graines et de semences indigènes. Les essences, étrangères aux types de forêts à conserver, qui seraient en place, même par régénération naturelle, sont à éliminer

Les biotopes et réserves forestières peuvent faire l'objet d'un classement en zone protégée conformément aux dispositions de la loi du 11 août 1982 concernant la protection de la nature et des ressources naturelles.

Dans la plupart des cas en forêt soumise au régime forestier, il devrait suffire de délimiter ces fonds dans le cadre des plans d'aménagement forestiers (L. 8 octobre 1920) en tant que réserves forestières ou biotopes remarquables et d'y prévoir un traitement spécial. Dans ce contexte, il faut se tenir au courant des nombreuses études effectuées dans ces domaines pour en tirer le plus grand profit possible. D'ailleurs, les forestiers du terrain, de par leur présence soutenue et leurs interventions directes en forêt, ont la possibilité de réaliser beaucoup de choses dans le sens voulu, même en l'absence d'un véritable acte de classement aux termes de la loi.

Surtout en forêt privée, il faut maîtriser son ardeur de vouloir classer tout ce qui ressemble encore quelque peu à une forêt naturelle. Cet état positif de la forêt qui perdure jusqu'à l'heure actuelle démontre que le propriétaire est en mesure d'appliquer à sa forêt un traitement adéquat. En décrétant un statut de protection, ce qui pourrait revenir à une expropriation de fait, on risque de voir les effets de conservation se tourner au contraire, du moins, sur le restant des surfaces boisées.

"Und nach welchen Kriterien sollen diese Flächen ausgewählt werden? Vorrangig solche, die bereits naturnah bewirtschaftet werden? Dann müßte man jedem Privatwaldbesitzer raten, möglichst wenig naturnah zu wirtschaften und das kann ja wohl kaum das Ziel sein."

(Philipp Graf von STAUFFENBERG)

Infrastructure forestière
Lors de la planification, il y a lieu de prendre en considération les points cardinaux (STEINLIN); ceux qu'il faut toucher et ceux qu'il ne faut pas toucher. Parmi ceux qu'il faut éviter, il y a lieu de citer:

  • les réserves naturelles;
  • les zones protégées;
  • les biotopes précieux;
  • les parties de paysages particulièrement sen- sibles, caractéristiques ou remarquables;
  • les parties fortement sujettes à érosion.

La voirie forestière doit être implantée dans le paysage de façon harmonieuse. La densité varie selon les conditions topographiques et s'oriente à la distance moyenne de débardage. Toute construction doit se faire selon les règles de l'art (voir la directive en la matière du 29 juin 1993).

L'assiette du chemin forestier sera choisie de façon à ce que les déblais et remblais soient réduits le plus possible, afin de prévenir des impacts trop importants au sol naturel et au peuplement, ainsi que pour éviter de trop grandes ouvertures dans le couvert des cimes.

Pour autant que le fonds naturel n'est pas carrossable, les chemins sont empierrés; le revêtement moyennant du goudron, du tarmac, du béton e.a. est à proscrire, sauf dans les fortes pentes (qui sont à éviter au stade de la planification).

Le débardage des bois ne doit pas se faire sur les chemins forestiers, et le compactage du sol forestier par les engins débardeurs doit être évité. Ainsi il est indispensable d'aménager des places de dépôt et un système de pistes de débardage, à ne pas quitter par les engins de débardage et à installer dès le jeune âge des peuplements sous forme de lignes de cloisonnement. Les pistes et lignes sont assises sur le sol nu, sans consolidation aucune; le cas échéant, les pistes de débardage peuvent être recouvertes à l'aide d'une couche constituée de rémanents de coupe.

Infrastructure récréative
A proximité des grandes agglomérations et dans les régions touristiques, il est indispensable d'aménager et d'entretenir des sentiers et un équipement récréatif répondant aux aspirations de plus en plus diversifiées des visiteurs. L'équipement doit être adéquat, lourd en périphérie de la forêt, léger à l'intérieur. Il doit être simple, rustique, d'entretien facile, solide, esthétique et bien intégré au cadre naturel.

Si les piétons sont admis sans restrictions majeures, il faut absolument empêcher que les véhicules à moteur non autorisés accèdent aux forêts. Le cas échéant, il y a lieu d'apposer une barrière au début du chemin forestier à une distance de quelque vingt mètres de la voie publique, laissant de l'espace en guise d'aire de stationnement.

S'il est hautement souhaitable que l'accès aux forêts soit principalement pédestre, certains autres utilisateurs sont admissibles dans la limite du raisonnable et sous certaines conditions. Ainsi, il serait indiqué de disposer d'une réglementation concernant l'accès des cavaliers et des cyclistes et de revoir celle concernant l'escalade en forêt.

En principe, il faudrait aménager des circuits réservés à chaque activité ludique (pédestre, équestre, cycliste, parcours de santé et de découverte de la nature). Or, il faut savoir qu'une concentration d'installations risque d'entraîner également une concentration d'utilisateurs. Une telle concentration est à proscrire de toute façon à proximité des zones protégées, sensibles ou autrement menacées. De même, il faut réserver en forêt des zones étendues de quiétude, indispensables à la vie et à la perpétuation de la faune sauvage.

La signalisation des promenades, points de vue et particularités locales se fait de façon discrète; les balises et panneaux de signalisation ne sont pas cloués ou autrement attachés aux arbres.

Dans le cas d'installation de poubelles, la collecte des immondices est absolument nécessaire et doit se faire selon la fréquentation des lieux. Etant donné qu'elle ne se fait régulièrement que si l'accès des engins de service est assuré, il y a lieu d'installer les poubelles en conséquence.

Pour subvenir aux frais d'entretien de l'infrastructure récréative, il serait indiqué de prélever une taxe appropriée sur les entreprises qui commercialisent des activités de loisir sur le terrain d'autrui (location de bicyclettes, de chevaux, de bateaux ...)

Protection des valeurs naturelles et culturelles
Les valeurs naturelles et culturelles de la forêt doivent se voir accorder davantage d'attention dans l'activité forestière de tous les jours. Celui qui connaît l'origine et l'histoire de sa forêt et qui s'intéresse à son contenu et à ses petites structures est davantage sensible à ces exigences. Un respect convenable doit être appliqué lors des interventions forestières (constructions de chemin, bûcheronnage, débardage), même lorsqu'il en résulte des coûts supplémentaires, efforts qui devraient utilement être encouragés par l'Etat.

Mesures spéciales de protection :

contre l'érosion

  • éviter les coupes rases,surtout en pente
  • suivre au plus près les courbes de niveau lors de l'assiette des chemins forestiers, pistes de débardage, sentiers touristiques

contre la pollution de l'eau, du sous-sol et de l'air

  • réduire ou abandonner l'épandage de pesticides; propager des méthodes biologiques (protection des fourmilières, installations de perchoirs pour oiseaux-rapaces etc.)
  • admettre le chaulage et la fertilisation du sol uniquement pour compenser les effets de pollution atmosphérique et les effets de lessivages afférents; soumettre à autorisation l'épandage aérien
  • utiliser des engrais naturels (engrais verts) au moment de la plantation
  • limiter l'incinération des rémanents de coupes aux situations et aux endroits où elle est indispensable (p. ex. pour éviter le pullulement d'un ravageur ou le risque d'un incen- die incontrôlé); appliquer, s'il y a lieu, la méthode du fraisage et du déchiquetage
  • défense absolue d'utiliser, pour la mise à feu, des pneus ou des huiles e.a. utiliser pour les engins forestiers des huiles et des carburants bio-dégradables (pas de déversement d'huile de vidange)
  • ne pas jeter des boîtes d'emballage, bidons, câbles, résidus, fil de fer, treillis
  • ne pas boucher les rigoles de route ou les ruisseaux et filets d'eau avec les rémanents d'exploitation

contre le tassement des sols et l'endommagement du peuplement restant

  • choisir les engins les mieux adaptés au type de coupe à effectuer
  • employer des machines adaptées à la forêt (basses pressions au sol)
  • appliquer une politique salariale qui n'oblige pas les ouvriers et débardeurs à travailler plutôt quantitativement que qualitativement
  • bien instruire les ouvriers et les débardeurs (Schlagrichtung, Rück- u. Abfuhrrichtung)
  • propager le débardage à l'aide du cheval dans les jeunes peuplements
  • limiter la circulation des engins d'exploitation aux pistes de débardage
  • prévoir des places de dépôt en nombre suffisant

contre les dégâts de gibier

  • la construction de clôtures anti-gibier est souvent indispensable en cas de plantation de feuillus et de douglas
  • la protection individuelle s'impose lors de la plantation d'essences telles que mélèze, merisier, noyer, sorbier
  • l'alimentation en éléments naturels doit être améliorée (gagnages), l'affouragement en aliments secs ou composés est à proscrire.

Les installations et dispositifs de protection anti-gibier seront tenus en bon état de fonctionnement. Ils seront démontés après usage et enlevés du terrain. Dans l'intérêt de limiter les dégâts de gibier et sachant que la clôture ne peut pas constituer une solution globale, il est indispensable de créer des conditions favorables au gibier (maintien de la végétation adventice dans la mesure qu'elle ne nuit pas aux plants forestiers, mise à disposition de terrain par le propriétaire et aménagement de gagnages par le locataire de chasse). Les cas de trop fortes pressions sont à documenter par des enclos de contrôle, des levées et autres constats.

Dans ce contexte, il faut faire état d'une extrême prudence lorsqu'il s'agit de lâcher du gibier non autochtone, fait qui est de toute façon soumis à autorisation ministérielle.

La lisière
La lisière en tant que zone tampon doit comporter une certaine profondeur, de préférence une longueur d'arbre (20-30m), en vue de créer ou de maintenir une bordure étagée permettant également le développement d'arbustes, d'arbrisseaux, de buissons et d'herbes. A cette fin, il ne faut pas reboiser les bords de forêt à l'aide d'essences définitives, respectivement, il faut éliminer les arbres à haute tige qui se seraient installés par régénération naturelle immédiatement au bord de la forêt. Un entretien judicieux est indispensable.

Les arbres morts et les vieux arbres
Les arbres morts, en tant que partie de la biocénose forestière, sont à conserver isolément ou par groupes dans toutes les forêts. Les arbres sénescents ou morts, nécessaires au maintien des espèces inféodées, doivent comporter au moins un arbre par ha, à condition d'être bien répartis. En général, on compte quelques pour cent du volume sur pied, soit 1-10 m3/ha. La densité n'est donc pas tellement élevée qu'il s'en dégage des risques de contamination ou d'accident. La prudence recommande toutefois de ne pas conserver des arbres dépérissants dans les peuplements particulièrement vulnérables (risque de propagation du bostryche dans les pessières et du chancre suintant dans les hêtraies). De même pour des raisons de sécurité, il faut éviter de laisser debout des arbres morts à proximité immédiate des chemins, des sentiers touristiques et des lieux de grande fréquentation. Il persiste une certaine responsabilité en cas d'accident malgré les bonnes intentions.

En outre, il faut laisser en forêt le plus grand volume possible de biomasse inutilisable lors de la récolte des bois. Le full tree logging et l'incinération ou le ramassage intégral des bois morts et des rémanents de coupe sont à proscrire.

Enfin, il importe de laisser sur pied de vieux arbres vivants et de les conserver bien au-delà de l'âge d'exploitation économique optimal. Bien qu'il en existe parfois en abondance, surtout dans nos hêtraies, il faut, compte tenu de la dynamique des forêts, laisser évoluer d'autres arbres d'une manière appropriée dans le temps et dans l'espace, afin de remplacer les disparitions ou d'en disposer là où il n'y en avait pas auparavant.



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