Portail de l'Environnement Le Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg
  Recherche
 x Recherche avancée
  Home | Nouveautés | Newsletter | Liens | FAQ | Contact Aide | Index | A propos du site
      ImprimerEnvoyer à

> home > Forêts > Dossiers thématiques > Eléments de politique forestière > Fonction sociale

Fonction sociale

Vers le niveau supérieur

Il est incontestable que la forêt constitue pour l'homme une source de détente physique et psychique. Ce fait revêt une importance croissante dans la mesure où le besoin de détente devient de plus en plus intense, en particulier dans les environs des zones résidentielles et des centres touristiques. A l'heure actuelle, la surface boisée par tête d'habitant s'élève à quelque 23 ares en moyenne. Toutefois, dans les régions les plus peuplées, cette surface comporte moins de 10, voire moins de 5 ares, de sorte que l'influence bénéfique de la forêt ne peut plus y agir. Cette pénurie devient d'autant plus accentuée qu'on sacrifie davantage de fonds forestiers à la construction, à la création de zones industrielles et à l'implantation de la grande voirie. Cette situation ne change pas si, en cas de reboisement de compensation, on relègue la forêt dans des régions reculées, jouissant déjà d'un taux de boisement élevé.

Fonction sociale

Les forêts sont accessibles au public
En principe, les forêts sont accessibles au public; elles ne le sont toutefois pas en vertu de la loi, mais le public considère le libre accès comme un droit établi par la coutume. Et ce libre accès s'entend non seulement pour la promenade, mais également pour le jogging, le cyclisme touristique, l'équitation etc. Les propriétaires ne peuvent s'y opposer qu'en clôturant leurs propriétés. D'autre part, il est possible qu'un groupe de gens, liés par quelques intérêts que ce soit, s'approprient une portion de forêt et y organisent leurs loisirs à l'exclusion de toute autre personne. D'autres groupes se sentent suffisamment forts pour revendiquer une partie de la forêt publique pour y pratiquer leur sport favori.

"L'accroissement de la pénétration du public en forêt et la tendance de plus en plus marquée au regroupement des personnes ayant des intérêts et des objectifs analogues (club de chasse, de pêche, voile, canotage, camping, naturalistes ...), font qu'il faut s'attendre à une diversification considérable des demandes d'espace libre; les besoins des uns n'étant pas nécessairement compatibles avec ceux des autres, chaque groupe de pression est susceptible d'intervenir sur le plan politique pour faire valoir ses droits."

(A. DOYEN)

Certaines activités en forêt sont réglementées:

  • les activités sportives
  • l'emploi d'instruments sonores
  • les activités organisées de loisir
  • l'usage d'engins automoteurs

L'article 12 de la loi du 11 août 1982 concernant la conservation de la nature et des ressources naturelles a la teneur suivante :

"Dans la mesure où ils se déroulent en forêt et sur les cours d'eau, les exercices d'activités sportives, l'emploi d'instruments sonores ainsi que les activités organisées de loisir susceptibles de nuire manifestement à l'environnement naturel sont réglés par des règlements grand-ducaux. L'usage d'engins automoteurs en forêt est uniquement autorisé sur les voies publiques goudronnées, ainsi que sur des chemins vicinaux.

Des dérogations à cette interdiction peuvent être accordées par le Ministre chaque fois que l'organisation d'une manifestation sportive requiert une telle mesure.

L'interdiction ne s'applique pas aux propriétaires de fonds boisés ou de fonds ruraux et à leurs ayants cause. Egalement l'utilisation de tels engins dans un but d'utilité publique reste autorisée."

Une autre façon de limiter ou d'interdire le trafic public en forêt consiste dans l'apposition de barrières ou de panneaux de signalisation prévus par le Code de la route.

Ont évidemment libre accès à la forêt les propriétaires et leurs ayants cause (ouvriers forestiers, débardeurs, transporteurs, marchands de bois, locataires du droit de chasse) ainsi que les agents de surveillance et les services publics et de secours. Ils feraient bien de jouir de leur droit d'accès strictement dans le cadre de leurs missions en forêt, ceci dans l'intérêt d'une bonne conservation des arbres debout, du sol et de l'infrastructure forestière.

S'il est hautement souhaitable que l'accès aux forêts soit principalement pédestre, certaines exceptions, dans la limite du raisonnable et sous certaines conditions à définir, sont admissibles, telles que:

  • l'accès des voitures d'approvisionnement aux aires de pique-nique et aux autres infrastructures de loisir en cas de sorties en groupe;
  • l'accès motorisé pour les personnes âgées et les infirmes;
  • l'accès des cyclistes et des cavaliers sur certains chemins et sur des pistes spéciales;
  • le ski de fond sur les routes forestières.

Les infrastructures de loisirs

  • renforcent l'attrait qu'exerce la forêt sur les gens
  • canalisent l'afflux du public
  • protègent les autres parties de la forêt
  • constituent une lourde charge pour le propriétaire

L'accès du public aux forêts va de pair avec une demande et un besoin croissants d'infrastructures telles que des aires de stationnement et de pique-nique, des terrains de camping et des centres d'information, ainsi que des installations sanitaires appropriées. Mais l'objectif recherché ne devrait pas être de créer en forêt les infrastructures de loisir existant ailleurs. Ceux qui aiment la foule, le bruit et les machines peuvent accéder à ce genre de récréation en dehors de la forêt.

Dans ce contexte, il faut se rappeler que la voirie forestière sert admirablement d'infrastructure de loisir et qu'elle contribue automatiquement à canaliser le public: "Plus le chemin est de qualité, plus la pénétration de la forêt est faible."

(A. DOYEN)

La création des infrastructures de loisir contribue à concentrer le public dans certaines zones et à limiter sa présence sur certains trajets, réduisant ainsi l'afflux dans d'autres endroits de la forêt où le public serait moins volontiers accueilli pour des raisons de conservation. La demande pour de telles infrastructures est évidemment plus forte dans les régions à grande densité démographique, notamment là où il y a peu d'autres infrastructures de loisir en plein air à une distance raisonnable.

L'installation et l'entretien des infrastructures de loisir dans la forêt coûte cher et rapporte peu ou rien. Il est donc souhaitable que les frais y relatifs, non compensés par des recettes, soient supportés par l'Etat, les communes et certains autres organismes publics ou privés. Les propriétaires de forêts privées ne doivent en aucun cas être obligés de fournir de telles infrastructures sur leurs propriétés.

"Les propriétaires forestiers qui font bénéficier la communauté des avantages découlant d'un usage multiple de leurs forêts devraient être encouragés, et lorsque de telles prestations entraînent pour eux des frais excessifs, ils devraient recevoir, le cas échéant, le soutien de la société ou d'autres bénéficiaires." (Helsinki, Résolution H1)

  • L'afflux en masse est préjudiciable à la forêt
  • Are we loving our forests to death?

Les risques de conflit entre la détente et la protection de la nature ne doivent pas être sous-estimés, car l'accès en forêt accroît le degré de perturbation et peut entraîner des dégâts.

"Les effets inhérents à la présence des visiteurs sont l'appauvrissement, voire la destruction des paysages et de la végétation, la réduction de la croissance des arbres, la dégradation des sols, l'atteinte à la faune sauvage, la réduction de l'isolement, l'augmentation du bruit etc.

Certains de ces effets cumulés conduisent à l'érosion des sites récréatifs qui sera d'autant plus accentuée que la planification, l'aménagement et l'entretien de ces zones laisseront à désirer.

De plus, l'absence de connaissances écologiques élémentaires ou de réflexion sur les conséquences possibles de ses actes rend le public inconscient des risques de dégradation auxquels il expose le milieu. Ceci pose évidemment, dans toute son acuité, le problème de l'éducation."

(A. DOYEN)

Sont notamment préjudiciables les sorties en masse non contrôlées ou non contrôlables, déployant de grands moyens (signalisation spéciale, approvisionnement sur le terrain, création de nouveaux trajets ou de raccourcis surtout en pente) ou qui se déroulent pendant la mauvaise saison (saison de reproduction de certaines espèces) ou le mauvais moment (randonnées de nuit). En règle générale, un ou deux utilisateurs ne font pas de dégâts, mais il est impossible de chiffrer le nombre au-delà duquel l'accès en forêt devient préjudiciable. D'ailleurs si ce seuil était connu, son observation ne serait guère contrôlable ou conduirait à des situations absurdes.

L'accès en forêt

  • augmente les risques et la responsabilité du propriétaire
  • peut faire accroître les frais de gestion et diminuer le revenu forestier

Lorsque les forêts sont accessibles au public, les propriétaires s'exposent à des risques accrus, pouvant augmenter les coûts de gestion en raison des mesures prises pour lutter contre le vandalisme, contre l'endommagement du sol et de l'infrastructure, contre les incendies, et contre les saletés et détritus que les visiteurs tendent à abandonner en forêt. On est encore loin de cette situation idéale où les gens ramènent chez eux leurs déchets, situation qui amène certains pays à renoncer à l'installation de poubelles, même aux lieux de pique-nique.

En outre, le propriétaire essuie une certaine responsabilité en cas d'accident d'un visiteur.

Les forêts soumises au régime forestier jouissent d'une assurance mutuelle en cas d'incendie et ont conclu en règle générale une assurance de responsabilité civile. La forêt privée, à son tour, est bien conseillée de s'assurer contre les mêmes risques.

Les visiteurs peuvent aussi être à l'origine de frais supplémentaires, ou de pertes de revenu difficiles à évaluer. Ainsi, une modification des opérations de gestion et de récolte dans l'intérêt de la sécurité des visiteurs peut enchérir les travaux d'exploitation. En outre, les effets d'érosion provoqués au sol et à l'infrastructure forestière par les visiteurs et utilisateurs sont susceptibles de travaux de restauration souvent fort coûteux. Le cas échéant, le compactage du sol peut en diminuer la fertilité et entraîner un rendement en volume et en argent moins élevé. L'accès du public peut entraver l'exercice de la chasse, à tel point que le prix de location en diminue.



Haut de page

Copyright © Ministère de l'Environnement   Aspects légaux | Contact