Portail de l'Environnement Le Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg
  Recherche
 x Recherche avancée
  Home | Nouveautés | Newsletter | Liens | FAQ | Contact Aide | Index | A propos du site
      ImprimerEnvoyer à

> home > Forêts > Dossiers thématiques > Eléments de politique forestière > Fonction de protection

Fonction de protection

Vers le niveau supérieur

Protection

La pureté de l'eau et la protection du sol contre l'érosion sont assurées dans une large mesure par la conservation de la surface boisée et le maintien sur cette surface d'un couvert permanent. La pureté de l'eau gagne en outre par la non-application de produits chimiques.

En effet, l'application en forêt de pesticides et d'engrais ne se fait qu'exceptionnellement, car, en règle générale l'équilibre biologique y est assuré dans le cadre de la dynamique forestière naturelle. D'ailleurs, les nouveaux dégâts causés aux forêts ne peuvent pas non plus être redressés définitivement moyennant un traitement chimique, puisqu'on ne ferait combattre que les seuls symptômes et non pas les sources de pollution.

"Es besteht die Gefahr, daß die gegenwärtige Kalkungs- / Düngungswelle, deren ökosystemare Auswirkungen letztendlich noch gar nicht absehbar sind, von der eigentlichen Aufgabe, der umgehenden und drastischen Reduzierung der Luftschadstoffemissionen, ablenkt."

(KROBOK)

Le sol forestier, de formation séculaire, se trouve rapidement perturbé, même sous couvert, par les activités et interventions humaines intensives et inconsidérées, que ce soit dans le cadre des travaux d'exploitation ou dans le cadre des occupations de loisir et de récréation.

Le sol forestier court notamment les risques de perturbation suivants:

  • tassement par les débardeuses et voitures tout-terrain
  • pollution par les huiles et carburants des scies à moteurs, des engins de débardage et de transport et de leurs systèmes hydrauliques
  • piétinement et ablation accélérée par les visiteurs en masse à pied, à cheval, à bicyclette, (création de raccourcis et de sentiers de rechange, sources d'érosion)
  • appauvrissement en matière organique suite à des incendies
  • accumulation d'humus brut dans les plantations et peuplements trop serrés.

La forêt protège les valeurs naturelles et culturelles
Les valeurs naturelles et culturelles se trouvent admirablement protégées en forêt. Nous distinguons:

1. les stations spéciales

  • les mares et plans d'eau
  • les zones humides
  • les pelouses sèches

2. les éléments géomorphologiques particuliers

  • les rochers caractéristiques (p. ex. du grès de Luxembourg)
  • les éboulis
  • les cavernes
  • les sources ou résurgences d'eau

3. les éléments faunistiques et floristiques

  • les fourmilières
  • les souilles de cerf et de sanglier
  • les terriers de renard et de blaireau
  • les arbres abritant des animaux rares (des chauves-souris, des pics)
  • les arbres remarquables ou
  • présentant des formes bizarres

4. les éléments culturels

  • les sites archéologiques et historiques
  • les anciennes voies de communication (voies romaines, chemins creux)
  • les emplacements des meules de charbonnier
  • les bornes historiques et les arbres corniers.
  • La forêt protège la diversité biologique
  • La conservation d'un nombre élevé d'espèces et de variétés d'espèces est un atout considérable

La diversité biologique est un élément dominant de tout écosystème.

On distingue:

  • la diversité génétique au sein d'une même espèce
  • la diversité spécifique, caractérisée en forêt par le nombre d'espèces différentes (essences, animaux)
  • la diversité écologique, caractérisant l'écosystème c.à.d. la communauté d'êtres vivants végétaux, animaux et microbiens dans un milieu donné (biotope) et l'ensemble de leurs relations fonctionnelles.

La forêt, habitat exclusif ou de préférence de bon nombre d'espèces animales et végétales, et grâce à sa longévité, est le mieux placée pour conserver la diversité biologique de notre milieu naturel. Il serait sans doute dommage de perdre des variétés d'espèces porteuses de combinaisons de gênes potentiellement intéressantes. Sous la menace d'un changement climatique, la diversité biologique des arbres forestiers est une condition impérative d'une éventuelle adaptation aux nouvelles exigences du milieu altéré. La nature est d'autant mieux à même de surmonter des difficultés ou de s'adapter à des besoins nouveaux que la diversité biologique est plus grande.

"Les pronostics climatiques pour les 50 années à venir font part d'un réchauffement planétaire de 2 à 6 C° ainsi que d'une augmentation des précipitations dans le monde de l'ordre de 10 %. Les latitudes élevées seront vraisemblablement plus touchées. Il faut s'attendre à un glissement des zones climatiques vers le pôle. Les conditions climatiques extérieures telles que tempêtes et périodes de sécheresse vont augmenter."

(Karl PARTSCH)

A noter que d'autres modèles annoncent une diminution de la pluviosité durant la saison de végétation. Une pénurie en eau à cette époque, accompagnée d'une augmentation de la température, aurait des conséquences néfastes pour nos forêts.

Le renouvellement de la forêt moyennant régénération naturelle assure généralement le maintien de la diversité génétique au plan local. En cas de plantation ou de regarni, si l'on ne peut pas recourir à du matériel de reproduction issu de peuplements locaux, la forêt peut rapidement être conduite à une pollution génétique. Dans ce contexte, il faut se rappeler qu'aux termes de l'article 25 de la loi du 11 août 1982 concernant la protection de la nature et des ressources naturelles "L'importation de spécimens de la faune ou de la flore non indigènes dans le but de les rendre à la vie sauvage ou l'introduction de tels spécimens dans la vie sauvage sont interdites sauf autorisation du Ministre." En plus, en cas de plantation, la forêt peut rapidement s'appauvrir en espèces, voire, en cas de plantation clonale, aller jusqu'à une simplification génétique de type agricole.

Par la loi du 4 mars 1994, le Grand-Duché a approuvé la Convention sur la diversité biologique, faite à Rio de Janeiro, le 5 juin 1992. Cette convention vise la conservation de la diversité biologique et l'utilisation durable de ses éléments. Elle prévoit une conservation " in situ " et " ex situ ".

La diversité spécifique de nos forêts se chiffre non seulement par le nombre d'essences principales, mais également par le nombre d'essences secondaires, d'accompagnement ou disséminées, ainsi que par le nombre des arbustes et la variété du tapis herbacé. Comme les travaux de dégagement et de nettoiement exercent une influence certaine sur les conditions de lumière et le microclimat à l'intérieur des jeunes peuplements, ils sont souvent décisifs pour la diversité des espèces. Les éclaircies, de par le mode choisi et le degré d'intensité, décident de la structure verticale (un ou plusieurs étages) et de la densité des peuplements (conservation ou disparition de la strate herbacée et buissonnante).

  • Nos forêts, comparées aux forêts nord-américaines et tropicales, sont relativement pauvres en espèces
  • Les forêts monospécifiques sont en général moins stables que les forêts mélangées

La forêt luxembourgeoise, comme d'ailleurs toutes les forêts européennes, ne connaît que quelques dizaines d'essences différentes, dont une demi-douzaine d'essences principales. Cet appauvrissement en espèces connaît des causes historiques (de traitement) et paléogéographiques (séparation des continents et époques glaciaires).

Bien qu'il existe dans le monde des forêts naturelles monospécifiques relativement stables, les peuplements artificiels, constitués d'une seule essence, comportent des risques d'échec total ou partiel bien connus, surtout s'il s'agit de peuplements très uniformes sur le plan génétique (plantations monoclonales, peupleraies). Par contre, la diversité en espèces d'un écosystème est une condition de sa stabilité vis-à-vis des agressions biotiques et abiotiques, fait qui appuie le plaidoyer en faveur des forêts mélangées. Cet argument n'est d'ailleurs pas le seul: d'autres, d'ordre esthétique, sylvicole, économique, sont avancés souvent avec pertinence.

  • Certaines de nos foréts connaissent une diversité biologique élevée
  • Elles renferment des biotopes de plantes ou d'animaux rares et protégés et méritent une protection spéciale

Nos chênaies connaissent une très grande diversité biologique, alors que certaines hêtraies et surtout les plantations résineuses sont composées d'un nombre restreint d'essences seulement.

Parmi les associations forestières particulièrement rares et précieuses, il faut citer les forêts de ravins (érablières à orme de montagne et tilleul à grandes feuilles), les forêts fluviatiles (saulaies, aulnaies-frênaies) ainsi que les forêts marécageuses et tourbeuses (aulnaies et forêts à bouleau pubescent).

Par ailleurs, nombreuses forêts, de types variés, renferment des biotopes de plantes ou d'animaux rares et protégés. Pour ces organismes, la forêt est une condition de survie.

Ainsi, il serait indiqué de mettre ces forêts ou parties de ces forêts sous protection intégrale, ce qui constituerait par ailleurs un intérêt scientifique certain.

Or, conformément à son dynamisme naturel, la forêt n'accepte pas de protection conservatrice. Abandonnée à son propre cycle, elle évolue librement jusqu'à son stade climacique, pour autant que cette évolution n'est pas compromise par un incendie, une catastrophe naturelle ou la pollution atmosphérique. Cette évolution purement naturelle exclut d'ailleurs toute intervention, toute activité et toute présence de l'homme (excepté quelques rares spécialistes en cas de suivi scientifique). En plus, comme elle parcourt de longues périodes de développement et de transformation, elle peut conduire à des résultats non escomptés, jusqu'à l'altération complète du biotope ou de l'association forestière qu'on voulait protéger.

"Die natürliche Dynamik setzt jedem konservierendem Naturschutz im Wald seine Grenzen. Die so geschützten Bestände werden sich je nach Alter früher oder später dem Bürger in einem Zustand präsentieren, der wohl kaum seiner Vorstellung vom Wald entspricht."

(Graf von STAUFFENBERG)

Aussi se recommande-t-il dans la plupart des cas d'opter pour le régime de la réserve dirigée et d'élaborer sur la base d'un inventaire précis un programme de traitement spécial, adapté à l'objectif qu'on veut conserver ou atteindre.

Certaines forêts, devant jouir d'une protection particulière, sont citées dans la déclaration d'intention générale du 24 avril 1981 relative au plan d'aménagement partiel concernant l'environnement naturel.

Les idées d'une saine protection de la nature doivent être appliquées sur la totalité de la surface boisée.

S'il est indispensable de protéger les biotopes et les associations forestières rares, il n'est pas moins indiqué d'appliquer les idées d'une saine protection de la nature sur la totalité de la surface boisée et non seulement sur quelques ilôts ou positions de repli (sanctuaires). Ceux-ci risqueraient de faire fonction d'alibi, incitant certaines gens à se démener inconsidérablement ailleurs.

"Die extensive und langfristige Wirtschaftsweise im Wald ist entscheidend dafür, daß in großem Umfang naturnahe Lebensräume erhalten bzw. neu geschaffen worden sind und daß die natürlichen Lebensgrundlagen nachhaltig zur Verfügung stehen. Die Berücksichtigung ökologischer Belange bei allen forstlichen Maßnahmen auf der gesamten Waldfläche ist im Interesse des Natur-schutzes gewichtiger als die strenge Unterschutzstellung einiger weniger Gebiete."

(Werner SCHUMACHER)

Afin d'assurer l'échange génétique entre les populations animales et végétales, il est indispensable de disposer d'un système de liaison entre les biotopes sous forme d'un réseau de surfaces naturelles ou proches de la nature.

Certaines parties de forêts sont particulièrement précieuses.

La conservation de la diversité biologique et d'organismes hautement spécialisés est particulièrement garantie dans les lisières, les clairières, les arbres morts et les vieux bois.

La lisière

  • contribue à la stabilité des peuplements
  • constitue un habitat riche et multiple
  • exerce des effets bénéfiques sur l'environnement

Les lisières aux abords de la forêt contribuent non seulement à la stabilité des peuplements mais servent également d'habitat à bon nombre d'espèces végétales et animales d'une très grande variété biologique. Elles forment la zone de transition entre la forêt et les terrains ouverts, enrichissent le paysage de par leur aspect varié et exercent des effets bénins sur les terres cultivées environnantes et sur l'intérieur de la forêt.

Les lisières internes de la forêt le long des chemins d'exploitation et aux abords des clairières, plans d'eau et cours d'eau revêtent une importance analogue en tant que zone limitrophe entre diverses biocénoses. Ni fauchées, ni traitées à l'aide de produits chimiques, elles constituent souvent des biotopes linéaires d'une valeur certaine (écotones).

L'interdiction de planter des résineux à moins de quatre mètres des cours d'eau a pour but d'y favoriser l'installation d'une flore fluviatile naturelle, permettant un meilleur éclairage, tout en assurant un ombrage suffisant en été.

Les clairières en forêt

  • sont indispensables à maintes espèces végétales et animales
  • se prêtent à l'installation de gagnages

Face à une forêt dévastée suite à des exploitations inconsidérées au cours des siècles passés, les instructions de service du 14 novembre 1911 ont imposé aux forestiers de remettre à l'état boisé tout terrain forestier dénudé ("repeupler le plus tôt possible tous les vides et clairières") et même la loi du 11 août 1982 concernant la protection de la nature et des ressources naturelles stipule dans son article 10 qu' "après toute coupe rase le propriétaire ou le possesseur du fonds est tenu de prendre, dans un délai de 3 ans à compter du début des travaux d'abattage, les mesures nécessaires à la reconstitution de peuplements forestiers équivalant, du point de vue production et écologie, au peuplement exploité."

Or, de nombreuses espèces végétales et animales ont besoin de clairières (p. ex. les plantes héliophiles, les cervidés, la gelinotte). Toutes les techniques sylvicoles de régénération réalisant des trouées temporaires leur sont donc favorables; il est même indiqué de renoncer au reboisement, si la surface non régénérée ou tombée en chablis n'est pas excessive. D'autre part, la présence d'aménagements cynégétiques (p. ex. des gagnages) ont un effet favorable sur le gibier et la protection des peuplements forestiers. Mais face à une pression élevée du gibier, leur influence est le plus souvent négligeable, comparée à celle des interventions sylvicoles (clôtures), à moins qu'ils n'occupent une surface considérable du massif forestier.

Les arbres morts et les vieux bois constituent d'autres habitats hautement précieux pour des organismes spécialisés. Faisant longtemps défaut dans les forêts bien desservies, ils sont devenus moins rares à la suite des grands chablis et des effets de pollutions atmosphériques. De même, grâce à nos hêtraies surannées dépassant souvent l'âge de 150 ans, la conservation d'arbres bien au-delà de l'âge d'exploitation économique est assurée, du moins sur de grandes surfaces.

D'innombrables espèces d'insectes ainsi que leurs prédateurs sont généralement liés à un stade précis de décomposition du bois. Cette spécialisation présuppose la conservation de tels arbres parmi les diverses essences forestières, y compris les essences secondaires, de l'arbre debout jusqu'au bois jonchant le sol.



Haut de page

Copyright © Ministère de l'Environnement   Aspects légaux | Contact