La forêt
est synonyme de stockage de CO2
Les forêts et les sols stockent le CO2 et jouent donc un rôle
dans la balance des gaz à effet de serre ainsi que dans la mise
en œuvre du Protocole de Kyoto. La sylviculture en tant qu’outil
de protection du climat n’est toutefois pas la solution miracle :
la forêt n’absorbe du CO2 que tant que sa biomasse s’accroît,
sa capacité de stockage a une limite. Par contre, le bois libère
tout le CO2 qu’il avait absorbé dès que celui-ci
pourrit ou brûle. Le puits de carbone peut donc rapidement se transformer
en source d’émissions.
La conservation des forêts, l'extension des reboisements et le
développement des utilisations du bois pour la construction contribuent à freiner,
sinon stopper ou renverser, la tendance à l'augmentation de la
teneur atmosphérique en CO2. La promotion du reboisement entre
toutefois en compétition directe avec l'usage agricole des terres.
En termes de modification d'usage des terres et forêts, la conservation
des stocks de carbone forestier existant est techniquement le potentiel
le plus élevé pour une atténuation des changements
climatiques.
Quelques chiffres illustrent le rôle vital de la forêt qui
recouvre 30 % de la terre :
-
80 % du carbone emmagasiné par la végétation
l’est par la forêt
-
40 % du carbone est contenu dans les sols des forêts
-
La surface
européenne assimile à peu près un
tiers des émissions européennes
- Pour la constitution d’une tonne de bois,
il faut compter 1.851 kg
de CO2 et 1.082 d’eau. Nous obtenons en plus de la tonne de bois
541 kg d’eau propre et 1.392 kg d’oxygène
-
Un épicéa de 100 ans a oté à l’atmosphère
une quantité à peu près égale à 1,8
tonne de CO2
-
400 tonnes de bois sur 200 hectares peuvent emmagasiner
jusqu’à 200
tonnes de carbone
-
La biomasse des forêts au niveau mondial contiendrait
600 milliards de tonnes de carbone
-
La croissance annuelle actuelle des
forêts des latitudes tempérées
et boréales fait que l’augmentation de CO2 dans l’atmosphère
est réduite de 30 %
-
Les forêts de l’hémisphère nord emmagasinent
20 % des émissions mondiales de CO2.
-
1.5 à 2 millions de km2 de bons sols sont nécessaires
pour accueillir suffisamment de forêts pour stocker annuellement
1 gigatonne de carbone.
(Des contradictions peuvent survenir dans les
chiffres présentés
qui sont liées aux différentes méthodes de recueil
de données ou de bases théoriques.)
L’arrêt de l’abattage des arbres au niveau mondial équivaudrait à une économie
de 25 % des émissions de CO2. D’après des estimations
de scientifiques internationalement reconnus, 345 millions d’hectares
de terrain seraient disponibles pour être reboisés. Si cela
devait réellement se passer, 3,5 Mrd de tonnes de CO2 seraient
absorbés annuellement par les arbres et stockés pour les
50 prochaines années minimum.
L’utilisation du bois pour protéger
le climat
Pour que le CO2 reste neutralisé au-delà de la durée
de vie d’un arbre, il faut que le bois serve à fabriquer
des produits durables ou qu’il soit utilisé dans l’industrie
du bâtiment. Le béton, l’acier et les sols en céramique
peuvent être remplacés par le bois, car ils demandent énormément
d’énergie pour être fabriqués. (1,1 tonne de
CO2 économisés par m3 de bois) Le vieux bois peut être
ensuite utilisé en tant que source d’énergie, ce
qui n’est pas le cas du béton ou de l’acier.
Se chauffer
au bois permet de participer d’une façon neutre
au cycle du CO2 puisque la combustion du bois libère la même
quantité de CO2 que celle que les arbres absorbent de l’atmosphère
au cours de leur croissance. Avec le chauffage au bois, différents
combustibles peuvent être utilisés:
-
des bûches: en plus des cheminées fermées,
il existe aujourd’hui
de nouveaux types de poêles en faïence alimentés
par des bûches ; elles sont aussi le combustible des chauffages
centraux.
-
des plaquettes de bois:
elles proviennent de l’industrie de transformation du bois et se prêtent
bien au chauffage automatique.
-
des pellets:
il s’agit d’un nouveau combustible composé de sous-produits
comprimés et naturels de l’industrie de transformation du bois ;
ils ont une très forte densité énergétique ;
ils sont utilisés pour des chauffages automatiques et centraux et permettent
des installations de dimensions moindres
Il reste que dans une forêt aménagée pour l'obtention
de biocombustibles (taillis à courte rotation), la densité moyenne
de carbone à long terme est inférieure à celle d'une
forêt non exploitée ou d'une plantation à longue
rotation.
Grâce aux articles 3.3 KP concernant le boisement, le reboisement
et les déforestations et 3.4 KP concernant la gestion forestière,
le protocole de Kyoto de décembre 1997 autorise dans certains
cas les pays à améliorer leur bilan CO2 en décomptant
de leurs émissions la part absorbée par leurs forêts.
La
principale source de réduction du CO2 reste donc la forêt
d’où l’énorme potentiel du reboisement de surfaces
agricoles par de jeunes arbres, qui peuvent réduire le CO2 dans
l’atmosphère.
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