Importance
de la forêt pour le climat
Chaque type de couverture du sol est
caractérisé par des échanges
et des bilans déterminés d'énergie et de matière
avec l'atmosphère, dont les effets influencent la stabilité et
la stratification des masses d'air.
Les facteurs explicatifs du climat
sont influencés par les forêts
qui augmentent l'évapotranspiration, réduisent les extrêmes
climatiques (chaud-froid, sec-humide), ralentissent les mouvements d'air
horizontaux et amplifient les processus d'échanges verticaux.
Au niveau régional, ceci influence le cycle de l’eau au-dessus
des continents.
Les prédictions régionales pour les variables climatiques
clés comme la température, l'humidité de l'air ou
les précipitations, peuvent fortement varier selon le scénario
climatique étudié. Les effets du changement climatique
sur les forêts ne doivent donc être pris en considération
que pour des conditions locales.
Le cycle du carbone
Les forêts et les plantes chlorophylliennes en général
sont une composante importante du cycle du carbone à l'échelle
mondiale.
L'étude du cycle du carbone dans le passé permet de comprendre
l’impact de la perturbation causée par les activités
humaines sur le cycle du carbone actuel et futur.
Il a été proposé pour la première fois dans
les années 70 d'atténuer les changements climatiques mondiaux
par la foresterie, mais il a fallu attendre la fin des années
90 pour que des négociations internationales se décident à:
-
examiner
la possibilité à l'échelle mondiale
-
demander la définition et l’évaluation du rôle
des forêts
-
proposer un mécanisme pour la collaboration internationale.
Cycle du carbone
Un arbre prend du dioxyde
de carbone à l’atmosphère en le stockant dans le
tissu ligneux et libère en échange de l’oxygène.
La production d’oxygène tout comme la consommation de CO2
est liée au type d’arbre, son âge, le climat, la durée
de végétation, etc. Il est communément admis qu’un
arbre produit par jour en moyenne 5 kg d’oxygène et emmagasine
6 kg de CO2. Les forêts en tant que régulateurs du climat,
jouent le rôle de pièges à CO2.
Le stockage de CO2
Conformément au protocole de Kyoto, il faut pouvoir garantir
que le carbone absorbé par les puits de carbone pris en compte
reste stocké et ne sera pas à nouveau libéré dans
l’atmosphère sous forme de CO2. On parle d’un puits
de carbone lorsqu’un écosystème stocke plus de CO2
qu'il n'en émet. Dans le cas contraire, c'est une source de carbone.
-
La durée du stockage du carbone varie selon la partie de la forêt
qui l'absorbe:
-
quelques heures à quelques années dans les aiguilles
et les feuilles;
-
quelques années à quelques dizaines d'années
dans les rameaux et les branches;
-
quelques dizaines à quelques centaines d'années dans
les troncs;
-
quelques centaines à quelques milliers d'années
dans le sol.
La gestion du carbone des forêts est primordiale
et trois possibilités
pouvant être combinées sont proposées:
-
fixer du carbone
par la création ou le renforcement de puits
de carbone,
-
conserver le carbone en prévenant ou réduisant
le taux de libération du carbone déjà fixé,
-
réduire la demande de combustible fossile en augmentant l'utilisation
de bois, sous forme de produits durables (substitution de matériaux à forte
consommation d'énergie, comme l'acier et le béton), ou
de biocombustibles.
Conséquences du changement climatique pour la forêt
Conséquences passées
Les
associations forestières et la végétation se
sont régulièrement adaptées sur des cycles de milliers
d’années pendant l’évolution de la terre. Les
données fournies par les fossiles révèlent que les
zones climatiques se sont déplacées et pour chaque degré Celsius
supplémentaire, les aires de répartition des arbres dans
l'hémisphère nord se sont étendues de 100 km
vers le nord.
Conséquences actuelles
Les écosystèmes s'adaptent lorsque le changement de climat
se produit lentement et graduellement; mais aujourd'hui, les émissions
croissantes de gaz à effet de serre font penser que la transformation
sera trop rapide pour pouvoir être absorbée normalement
par la forêt. De nombreuses espèces disparaissent, car elles
ne savent pas lutter contre l’invasion des nouvelles arrivantes
dû au changement climatique, mais aussi à la plantation
de nouvelles espèces par l’homme.
Les écosystèmes affaiblis relâchent selon les experts
de grandes quantités de CO2 dans l’atmosphère. La
composition de l’atmosphère est altérée par
les actions de l’homme et dépasse le pouvoir tampon des écosystèmes
forestiers. L’impact est important : les espèces du
sud remontent vers le nord et en montagne, les arbres commencent la colonisation
des zones théoriquement impropres à leur survie.
De plus,
on a constaté que la période de floraison des
espèces végétales européennes a rallongé de
dix jours entre 1965 et 1995.
Conséquences attendues
L’adaptation des systèmes agricoles et forestiers à cette
nouvelle donne climatique et en conséquence aux effets sur les
maladies, les ravageurs et les mauvaises herbes devra être continue
pour guider les nouveaux savoir-faire agronomique et sylvicole. Ce savoir-faire
passera par la mise au point de variétés et l’élaboration
de techniques agricoles ou sylvicoles adaptées.
Les conséquences d’une concentration élevée
de CO2 dans l’atmosphère sont:
-
une augmentation du taux
de photosynthèse
-
une réduction des besoins en eau des plantes
-
une augmentation des
quantités d’azote fixées
et de carbone piégé
-
une intensification des activités
microbiennes dans le sol
-
une augmentation de la biomasse
Mais on peut aussi compter sur un accroissement
de la sensibilité des
arbres aux contraintes du milieu (déséquilibres nutritionnels)
et sur une dégradation possible des propriétés technologiques
du bois (propriétés mécaniques, composition chimique).
Des
déplacements des aires naturelles des animaux et des végétaux
auront lieu en fonction des besoins de chaque espèce et pas nécessairement
de l'écosystème dans son ensemble. Le déplacement
permettrait aux peuplements d'occuper des superficies plus importantes,
mais au risque de se retrouver sur des zones de moindre qualité de
sol. On peut donc s'attendre à quelques réajustements des
associations d'espèces si le climat devait changer.
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