Définition:
Le mot "Iittering" provient de l'anglais et caractérise le dépôt ou le rebut inattentif de déchets en dehors des réceptacles réservés à cet effet. Les déchets sauvages ou le "litter' peuvent se retrouver dans la nature aussi bien que sur le bord des routes ou dans les espaces publics. Le littering est le plus fréquemment lié à la consommation de boissons, de nourriture ou de cigarettes. Ce phénomène ne prend pas compte des dépôts sauvages de déchets ménagers, commerciaux ou industriels dans le milieu public, qui ont pour but d'économiser les frais de traitement associés à ces déchets.
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Cadre général:
Depuis plusieurs années on constate une augmentation du phénomène du "Iittering" le long des routes, chemins ainsi que sur les places publiques et lors des manifestations publiques. Ces déchets se composent essentiellement d'emballages à usage unique, de papiers hygiéniques et de mégots de cigarettes.
Le littering n'impacte pas uniquement sur l'aspect visuel d'une ville ou paysage naturel. Il entraîne aussi des problèmes d'ordre:
- Social:
Certains espaces publics tel que les parcs se voient dégradés et moins fréquentés. De plus, le littering peut renforcer l'occurrence d'autres problèmes tels que le vandalisme ou le crime dans une localité. Finalement, les déchets sauvages peuvent attirer des animaux nuisibles tels que les rats.
- Economique:
Le littering entraîne des coûts directs en terme de nettoyage auprès du secteur public ainsi que des établissements privés. De plus, le littering peut entraîner des coûts indirects tels que des fréquentations plus basses de certains établissements ou des dévalorisations de propriétés.
- Environnemental:
Certains déchets de littering, tels que les mégots de cigarette peuvent relacher des substances nocives dans la nature. Les déchets sauvages peuvent aussi engendrer des dangers plus directs auprès des animaux (risque d'ingestion ou d'étouffement). De même certains déchets sauvages tels que les éclats de verre ou les seringues usées peuvent être dangereux pour les êtres humains. Suivant leur composition, les déchets déposés dans la nature se dégradent très lentement:
| Journal |
1 - 3 ans |
| Mégot de cigarette |
1 - 5 ans |
| Canette |
10 - 100 ans |
| Bouteille plastique |
100 - 1.000 ans |
| Carte téléphonique |
1.000 ans |
| Verre |
4.000 ans |
Etudes
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Afin d'analyser plus en détail la composition et la quantité des déchets sauvages le long des routes nationales et des autoroutes au Luxembourg, l'Administration de l'environnement a fait réaliser une étude en 2008. |
En parallèle, la ville de Dudelange a analysé en détail le phénomène du littering dans la ville.
En résumé les résultats de l'étude de Dudelange:
- 40 endroits ont été analysés quant à la composition des déchets déposés en 2007 et 2008
- 30% (en nombre) des déchets sont des mégots de cigarettes
- Les autres fractions par ordre décroissant sont les déchets de plastiques (23,4%), papier/cartons (21,2%), métaux (13,4%), verre (5,2%), déchets biodégradables (4,8%) et divers (1,4%)dominent les bouteilles PET, bouteilles en verre, cannettes métalliques, papiers hygiéniques et journaux
La commune de Dudelange a mis en place un programme pour contrarier le phénomène du littering par des actions de sensibilisations et d'optimisation des infrastructures de collecte des déchets.
Résultats de l'étude Administration de l'environnement
- Enquête "Aktioun Ouschterbotz"
Cette étude résume dans sa première partie les résultats de l'enquête menée auprès des 116 communes dans le cadre leur "Aktioun Ouschterbotz".
66 communes avaient renvoyé le formulaire, 59 avaient confirmé d'avoir réalisé une telle action en 2008.
Les communes indiquaient d'avoir ramassé entre 0,2 et 2,5 tonnes de déchets. Les informations sur la composition des déchets collectés étaient très hétérogènes.
- Enquête le long des routes
En collaboration avec l'Administration des Ponts et Chaussées, les déchets collectés sur 13 tronçons représentatifs à travers le pays ont été analysés quantitativement et qualitativement.
En résumé
- collecte en moyenne de 89 kg de déchets par km le long des routes nationales
- collecte en moyenne de 309 kg de déchets par km le long des autoroutes
- coût estimatif de 996 000 euros par an pour le nettoyage le long des routes nationales et des autoroutes (y non compris le nettoyage par les services communaux) à charge de l'Etat luxembourgeois
- les déchets d'emballages dominent dans tous les tronçons analysés (entre 53% et 76% en poids) ce qui correspond à 350 000 emballages
- la fraction la plus fréquente est celle des déchets plastiques (bouteilles, gobelets, films...)
- 50% des emballages en métaux étaient des cannettes de bières et d'alcopops
- dominance des boîtes de cigarettes dans la catégorie des emballages composites
- le phénomène est lié directement à la baisse du taux des emballages réutilisables mis sur le marché lors des dernières années (25,8% en moyenne en 2007 pour les emballages réutilisables quant à 37,9% en 2002)
Les Individus Concernés
Contrairement aux croyances, le phénomène du littering ne peut s'attribuer uniquement à des segments restreints de la population. Des études à l'étranger ont observé que bien que certaines tranches démographiques de la société génèrent davantage de déchets sauvages que d'autres, le phénomène concerne toutes les sections de la société.
En effet, les études révèlent:
- Un taux de littering décroissant en fonction de l'âge. Parmi les individus de 18 à 29 ans observés, 35% des déchets sont jetés dans la nature contre 65% jetés dans des réceptacles appropriés. Pour ceux âgés de 30 ans ou plus le taux reste néanmoins comparable à 30% de déchets sauvages. Il est à noter que les jeunes de moins de 15 ans sont plus réticents à causer du littering (10%) que n'importe quelle autre catégorie d'age. Même les individus de plus de 65 ans révèlent un taux de littering plus important (25%).
- Bien que les hommes se montrent généralement moins concernés par les déchets sauvages et sont plus nombreux à admettre d'en causer, les observations du comportement réel des individus ne révèlent que des différences mineures entre hommes (32.5%) et femmes (30%).
- Les individus sans éducation tertiaire se révèlent un peu plus fréquents à causer des déchets sauvages que ceux ayant entamés des études.
- De même, les personnes employées ou à la retraite se révèlent un peu plus réticentes à causer du littering que celles sans emploi mais les différences restent relativement mineures.
En bref, le littering peut concerner toutes sections de la société.
Le Comportement du Littering
Bien que les individus évoquent souvent un manque de poubelles comme cause du littering, ceci n'est pas vérifié par les observations dans de nombreux cas. En effet, les études démontrent que plus de 50% des actes de littering se situent à moins de 5 mètres d'une poubelle non-pleine et 10% des actes de littering se situent à moins d'un mètre d'une poubelle. Il est évident que le littering ne peut être résolu uniquement par l'introduction d'avantage de poubelles ou de nettoyages plus fréquents.
Des études sociologiques et psychologiques menées à l'étranger ont révélé que le littering est un comportement complexe influencé par une multitude de facteurs et pouvant s'exprimer de manière très variée.
Il est souvent difficile de classer un individu comme "Iitterer" ou non. En effet lors d'observations il est devenu évident que nombre d'individus déposent avec soin la plupart de leurs déchets dans des réceptacles appropriés avant de jeter avec persistance d'autres objets dans la nature. Les déchets organiques ainsi que les mégots de cigarette sont parmi les objets les plus fréquemment enregistrés même lorsque des cendriers sont disponibles.
Le comportement du littering peut s'exprimer de nombreuses façons chez l'individu. Les manières les plus connues consistent à se débarrasser de ses déchets en les jetant ou en les laissant tomber en milieu public, parfois en pleine vue, parfois de manière furtive. Cependant il existe aussi d'autres expressions de ce comportement. Certains individus déposent leurs déchets sur une surface avant de progressivement s'écarter du lieu durant l'espace de quelques minutes jusqu'à ce que le déchet ne soit plus directement attribuable à l'individu. D'autres préfèrent coincer leurs déchets dans de petits espaces tels que des fentes et grilles ou vont même jusqu'à enterrer leurs déchets. Il est à noter que dans ces derniers cas, l'effort requis est souvent supérieur à celui requis pour les éliminer par voie d'un réceptacle approprié [(hyperlink)].
Des interviews menées suite à des observations de littering révèlent que dans de nombreux cas, les individus concernés sont inconscients de leurs actes et comportement. D'autres individus ne considèrent pas certains actes ou déchets comme nuisibles. Des sondages révèlent, par exemple, que 38% de la population générale ne considère pas les déchets organiques tels les restes de pommes jetés dans l'espace public comme déchet sauvage. Près de 50% ne considèrent pas les déchets posés près d'un réceptacle plein comme du littering en dépit du risque que ces déchets puissent se répandre dans l'environnement.
Il est à conclure que les efforts ne peuvent se restreindre à des interventions physiques au niveau des lieux - tel que l'amélioration de l'infrastructure de poubelles - mais qu'un engagement avec le public est nécessaire afin de réduire les attitudes et comportements menant à commettre des actes de littering.
Dans une première phase il est prévu de lancer une campagne de sensibilisation du grand public en collaboration avec différents acteurs.
Pour de plus amples renseignements ainsi qu'un accès à des études détaillées au sujet du littering vous pouvez également consulter les sites internet suivants:

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