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Gaspillage alimentaire / Déchets alimentaires

Vers le niveau supérieur

Selon des chiffres de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le volume mondial du gaspillage et des pertes alimentaires est estimé à 1,6 milliard de tonnes d'équivalents produits de base. En termes de consommation de ressources naturelles et d’incidence sur l’environnement, son empreinte carbone est estimée à 3,3 milliards de tonnes de CO2 équivalent de gaz à effet de serre rejetés dans l'atmosphère chaque année. Par ailleurs, 1,4 milliard d'hectares de terres, soit 28 pour cent des superficies agricoles du monde, servent annuellement à produire de la nourriture perdue ou gaspillée. Au-delà des incidences sur l’environnement, le fait de jeter des aliments qui sont encore consommables entraîne des pertes financières pour les consommateurs et l'économie.

Le 2 décembre 2015, la Commission a présenté le plan d'action de l'Union européenne en faveur de l'économie circulaire. Ce plan d’action prévoit entre autres une révision de la directive 2008/98/CE relative aux déchets. Selon la proposition de directive du parlement européen et du conseil, les Etats membres sont tenus de prendre des engagements et des mesures dans le domaine de la prévention du gaspillage alimentaire. Ces mesures doivent être en accord avec le programme de développement durable à l'horizon 2030 adopté par l’Assemblée générale des Nations unies le 25 septembre 2015, et en particulier l’objectif consistant 12.3. Cet objectif vise à réduire de moitié à l’échelle mondiale, d’ici à 2030, le volume de déchets alimentaires par habitant au niveau de la distribution comme de la consommation et à réduire les pertes alimentaires tout au long des chaînes de production et d’approvisionnement, y compris les pertes après récolte. Cet objectif comprend donc deux parties. D’un côté, une réduction de 50% des déchets alimentaires au niveau des détaillants et des consommateurs et, de l’autre côté, une réduction générale des pertes alimentaires. Néanmoins, la notion de perte alimentaire n'est pas encore présente dans le cadre réglementaire de l'Union Européenne. Pour évaluer l’ampleur, les origines et l’évolution dans le temps du gaspillage alimentaire, la Commission élaborera une méthodologie de calcul commune.

Jusqu’à présent, la définition sur les biodéchets couvre les déchets alimentaires. Pour rappel, les biodéchets sont définis à l’article 4 de la loi modifiée du 21 mars 2012 relatif à la gestion des déchets comme étant les déchets biodégradables de jardin ou de parc, les déchets alimentaires ou de cuisine issus des ménages, des restaurants, des traiteurs ou des magasins de vente au détail, ainsi que les déchets comparables provenant des usines de transformation de denrées alimentaires. Les déchets alimentaires font donc partie d’un flux plus large des biodéchets. Selon une définition de la Commission Européenne, on entend par gaspillage alimentaire les denrées alimentaires (y compris les parties non comestibles) qui deviennent des déchets à tout point de la chaîne alimentaire:

  1. dans la production primaire;
  2. dans la transformation et la fabrication;
  3. dans la distribution;
  4. dans les restaurants et les services alimentaires;
  5. dans les ménages.

D’après la directive 2008/98/CE relative aux déchets, de grandes parties de la biomasse agricole sont exclues de son champ d'application lorsqu'elles sont utilisées dans le cadre de l’exploitation agricole ou sylvicole ou pour la production d'énergie. De même, les sous-produits animaux et les carcasses d'animaux ne sont comptabilisés en tant que déchets alimentaires que lorsqu'ils sont éliminés comme déchets (c'est-à-dire destinés à être incinérés, mis en décharge ou utilisés dans une usine de biogaz ou de compostage).

En général, la prévention des déchets est la meilleure manière d’améliorer l’efficacité d’utilisation des ressources et de réduire l'incidence environnementale des déchets. La figure suivante reprend la hiérarchie des déchets appliqués aux déchets alimentaires d’après l’échelle de Moerman:

echelle_moerman

En matière de gestion des déchets alimentaires, il s’agit d’abord d’éviter autant que possible le gaspillage alimentaire et lorsqu’il ne peut être évité, il faut réutiliser les denrées alimentaires. La valorisation énergétique s’applique uniquement si la réutilisation n’est pas possible. Le gaspillage alimentaire est aussi un phénomène luxembourgeois. Il a lieu tout au long de la chaîne de valeur: lors de la production et de la distribution, dans les magasins, les restaurants, les services de restauration, et au sein des ménages. Quant aux déchets alimentaires, il y a généralement lieu de distinguer les déchets évitables (restes de repas, aliments en vrac comme pains, fruits et légumes, denrées alimentaires conditionnés, etc.) des déchets non évitables (os, épluchures de fruits et légumes, coquilles d’œuf, etc.).

L’analyse des déchets municipaux en mélange

Dans le cadre de l’analyse de la composition des déchets municipaux en mélange réalisée en 2013/2014, de premières constatations sur le gaspillage alimentaire furent révélées. Il ressortait de cette analyse que 30% en poids du volume total de déchets municipaux en mélange sont constitués de biodéchets dont majoritairement des déchets de cuisine. Après avoir examiné de plus près ces déchets de cuisine, il apparait que 10% de ces déchets étaient dans leur emballage d’origine et que leur date limite d’utilisation optimale (DLUO) n’a pas encore expiré et que 25% de ces déchets étaient dans leur emballage d’origine tandis que leur DLUO a expiré.

La génération, le traitement et la prévention des déchets alimentaires

L’étude « Aufkommen, Behandlung und Vermeidung von Lebensmittelabfällen im Großherzogtum Luxemburg » réalisé en 2013/2014 avait comme objectif de quantifier l’ampleur du gaspillage alimentaire des ménages et d’autres lieux de consommation (gastronomie, restauration collective, ménages et commerce) et d’en identifier les causes principales pour alimenter la prise de décisions. Auparavant, il n’existait pas de données précises sur les déchets alimentaires.

La présente étude a révélé que le volume total de déchets alimentaires qui sont éliminés chaque année dans la gastronomie, le commerce, la restauration collective et les ménages peut être estimé à 68.000 tonnes, ce qui représente environ 124 kg par personne et par an. Environ 46 pour cent des déchets alimentaires au Luxembourg pourraient être évités. Ensemble, ce sont environ 56 kg de déchets alimentaires évitables par personne et par an et un volume annuel total estimé de 31.000 tonnes. Dans l’ensemble, 72,5% du gaspillage alimentaire a lieu dans les ménages tandis que 27,5% retombent sur le secteur professionnel.

La connaissance de la composition des déchets alimentaires est primordiale afin d’évaluer l’impact des différentes mesures de gestion mises en œuvre et d’exploiter les potentiels de prévention. L’étude sur les quantités de déchets alimentaires produites sera reconduite tous les trois ans.

Aufkommen, Behandlung und Vermeidung von Lebensmittelabfällen im Großherzogtum Luxemburg 2013/2014 pdf_logo 50px
Zusammenfassung der Lebensmittelabfallstudie pdf_logo 50px
Résumé de l’étude sur les déchets alimentaires pdf_logo 50px
Faltblatt zu den Studienergebnissen der Lebensmittelverschwendung pdf_logo 50px
Présentation sur le gaspillage alimentaire au Luxembourg (2016) pdf_logo 50px

Evaluation monétaire du gaspillage alimentaire

L’étude « Monetäre Bewertung der im Grossherzogtum Luxemburg in 2015 von Privathaushalten im Rahmen der öffentlichen Abfuhr über die graue Tonne entsorgten vermeidbaren Lebensmittelabfälle » réalisée en 2015 estime le coût du gaspillage alimentaire à environ 105 euros par habitant et par an, ce qui représente un total d’environ 60 millions d’euros par an pour le Luxembourg. Il est à relever que seuls les déchets alimentaires évitables provenant des ménages et éliminés avec les déchets municipaux en mélange n’ont été pris en considération pour le calcul de cette étude. Le coût réel du gaspillage alimentaire au Luxembourg peut donc être beaucoup plus élevé.

L’évaluation monétaire des déchets alimentaires évitables précédemment citée correspond à 5% des dépenses alimentaires annuelles. Pour une population de 562.958 habitants (état au 1 janvier 2015), la quantité de déchets alimentaires évitables éliminés avec les déchets municipaux en mélange s’élève à 10.640 tonnes par an, ce qui correspond à 3 camions poubelle remplis par jour.

Monetäre Bewertung der in Luxemburg in 2015 von Privathaushalten im Rahmen der öffentlichen Abfuhr über die „graue Tonne“ entsorgten vermeidbaren Lebensmittelabfälle pdf_logo 50px
Zusammenfassung der monetären Bewertung pdf_logo 50px

Groupe de travail sur le gaspillage alimentaire

La lutte contre le gaspillage alimentaire est un enjeu transversal touchant plusieurs domaines : l’environnement, l’économie, la sécurité alimentaire, etc. Il est, dès lors, nécessaire de prendre des mesures en concertation avec les acteurs pertinents des différents secteurs. Des réunions avec les acteurs concernés se tiennent régulièrement pour aborder ensemble la problématique du gaspillage alimentaire. En ayant recours à des exemples de meilleures pratiques nationaux et internationaux des mesures concrètes seront mises en œuvre au fur et à mesure.

Intégration dans la matière scolaire et dans les formations de la SuperDrecksKëscht

La thématique du gaspillage alimentaire fera partie de la matière scolaire « gestion de déchets et consommation durable » et sera intégrée dans les formations de la SuperDrecksKëscht.

Redistribution de denrées alimentaires à des fins d’alimentation humaine

En ce qui concerne le don alimentaire, la Commission recommande que des règles et/ou des directives pertinentes soient élaborées au niveau national. La Chambre des Métiers, en coopération avec l’HORESCA, le Ministère de la Santé et le Ministère de l’Agriculture, de la Viticulture et de la Protection des consommateurs et avec l’appui de l’Administration de l’Environnement, a préparé en 2016 une fiche sur les aspects légaux en termes de donation de denrées alimentaires à des fins d’alimentation humaine. Cette fiche est mise à disposition des entreprises concernées dans le cadre du guide de bonnes pratiques d’hygiène.

Collaboration au niveau international

Le Luxembourg a participé au projet FUSIONS (Food Use for Social Innovation by Optimising Waste Prevention Strategies / l’alimentation au service de l’innovation sociale via l’optimisation des stratégies de prévention du gaspillage) qui a pour objectif de tendre vers une Europe plus efficace en termes de ressources en réduisant significativement les déchets alimentaires. Le projet s’est échelonné d’août 2012 à juillet 2016. Dans le cadre du projet FUSIONS, les politiques en matière de déchets alimentaires dans l'UE-28 ont été analysées, un manuel de quantification des déchets alimentaires a été rédigé et un cadre commun pour la définition de déchets alimentaires a été établi.

Le Luxembourg participe également à la plateforme européenne sur les pertes et les déchets alimentaires (EU Platform on Food Losses and Food Waste). L’objectif de cette plateforme est de fournir des conseils sur les actions prises à l'échelle de l'Union Européenne visant à prévenir et à réduire les déchets alimentaires et de faciliter le partage des meilleures pratiques.



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